J'essaie de m'habituer à ce silence, ce rien, ce vide. Cette indifférence qui me blesse plus que tout le reste.
J'essaie de ne pas tomber dans la colère, le cynisme. De continuer à te faire confiance, de continuer à croire que je n'étais pas juste une distraction utile en attendant le tour de France, la rentrée, la vraie vie. C'est difficile.
J'essaie de ne pas oublier pourquoi je t'aime, tout en essayant d'oublier pourquoi je t'aime. C'est compliqué d'avoir le coeur brisé. C'est surtout compliqué parce qu'il était encore tout frais, ce coeur, à peine réveillé, mais réveillé en fanfare, encore naïf, pas encore prêt à se protégér, si vulnérable. Je goûte aux extrêmes, encore une fois.
J'essaie de laisser la place à ce sentiment de soulagement. Soulagement de ne pas avoir à faire mal à mes enfants - un vrai soulagement. Soulagement de ne pas avoir à être jugée, décevante, quittée. Comme si ce n'était pas justement exactement ce qui s'était passé.
J'essaie de ne pas t'imaginer me sourire, me tendre les bras, me parler, m'embrasser. C'est un echec total.
J'essaie de t'oublier. Je ne veux jamais t'oublier.
J'essaie de ne pas t'aimer. Comment on fait ?