J'ai refoulé. Je t'ai enterré. J'ai oublié.
Je lis des poèmes d'amour. J'entends l'écho qui gronde en sourdine. Je pense "je ne suis pas la seule". Je pense "c'est exactement ça".
Je relis nos conversations.
Je me trouve ridicule. Tellement naïve, du haut de mes 43 ans.
Heureusement, maintenant j'ai 44 ans.
J'ai refoulé. Je t'ai enterré. J'ai oublié.
Je tombe sur ton enregistrement. Sur ta voix si belle. Sur cette chanson là. Sur ce je t'aime que tu n'as jamais écrit, jamais chanté. Jamais pensé ?
Un amour de vacances, un loisir.
J'en viens à avoir honte de ma candeur. Mais qu'est-ce que j'ai cru ?
J'ai refoulé. Je t'ai enterré. J'ai oublié.
C'était il y a une autre vie.
Ce n'était pas moi.
Je dissocie.
Quelle idée saugrenue - pour ne pas dire stupide - de t'avoir donné tant de confiance. Je savais pourtant bien que tu pouvais me briser.
Quelle erreur grossière - pour ne pas dire idiote - de m'être offerte en pature, si vulnérable et fragile. J'ai pourtant toujours su que je n'étais désirable que forte.
J'ai refoulé. Je t'ai enterré. J'ai oublié.
La douleur se pointe.
Je ne la laisse pas entrer.
J'ai trop honte pour avoir mal.
J'ai refoulé. Je t'ai enterré. J'ai oublié.