Il y a eu un avant et un après.
Avant, nous parlions, toi et moi, c'était vrai.
Après, je ne sais plus trop. Je suis rentrée dans la fonction fantasme, j'ai déraillé, j'ai élaboré, j'ai rêvé, j'ai arrêté d'écouter, surement. Enfin j'écoutais encore, mais à travers un filtre déformant.
L'avant a pansé beaucoup de blessures.
L'après a déchiré tous les bandages.
Tu me manquais. Tu me manques. Biensur.
Mais j'étais aussi remplie de toi; tes pensées, tes intentions (que j'imaginais faussement), tes mots, ta voix. Ce n'était pas rien, pour moi. C'était un bonheur immense. Incroyable. Inespéré. Ça me tenait chaud, j'étais émue, ébahie. Reconnaissante même.
Et je refusais de voir que cette relation n'était pas symétrique. Que ton manque n'était absolumment pas comblé par mes mots.
Une inéquation.
Un déséquilibre insolvable, finalement.
Enfin, insolvable sans une bonne dose de patience et de foi. Et d'amour, donc, je suppose.
Une histoire d'amour asymétrique. Banalement.